
Le débat sur les orientations budgétaires 2026 s’ouvre dans un contexte financier paradoxal : alors que l’État adopte enfin un budget national, la commune de La Madeleine, elle, semble prisonnière de son immobilisme. Avec un excédent budgétaire de 20 millions d’euros – soit presque une année entière de budget municipal – la question est simple : pourquoi une telle thésaurisation, alors que les besoins des madeleinoises et madeleinois sont criants ?
Un excédent record, mais aucune ambition d’investissement
Le rapport présenté ce soir est incomplet. Il omet délibérément de mentionner cet excédent colossal, qui dort dans les coffres au lieu de financer des projets structurants pour la ville. La Chambre Régionale des Comptes le soulignait déjà en 2020 : La Madeleine bénéficie d’indicateurs socio-économiques favorables, mais son taux de réalisation des dépenses d’investissement ne dépasse pas 73% – et aucun plan pluriannuel d’investissement solide n’est en vue.
6 ans plus tard, rien n’a changé. Le Programme Pluriannuel d’Investissement (PPI) actuel se limite à des études, du petit matériel, ou des remises aux normes ponctuelles (comme les aires de jeux, obligatoires en matière de sécurité). Où sont les grands projets pour l’avenir de La Madeleine ? Où est la vision ?
Des recettes record, mais des appels aux dons citoyens
La Ville continue de demander aux habitants de financer la rénovation du patrimoine municipal via des souscriptions publiques. Pourquoi ? Alors que la taxe foncière rapporte 15 millions d’euros par an, et que 20 millions dorment en réserve, cette démarche ressemble à un nouvel impôt déguisé – et volontaire. Les Madeleinois paient déjà leurs impôts : à quoi servent-ils, si ce n’est à entretenir et moderniser les équipements publics ?
Une politique de cessions immobilières inquiétante
Depuis 2014, la municipalité a cédé pour plus de 15 millions d’euros de patrimoine communal :
- Le site du tir à l’arc,
- Une partie du jardin de l’espace Dufour,
- Des appartements et maisons rue du Moulin,
- La déprise du château de Coeuvres et Valsery,
- Et surtout, la vente de l’Olympia, un lieu chargé d’histoire et de souvenirs pour les Madeleinois, alors même que l’accès aux salles communales est déjà saturé.
Que reste-t-il à vendre demain ? Cette politique de démantèlement du patrimoine affaiblit la ville et prive les habitants d’espaces essentiels.
Des services publics en recul, une ville en pause
À La Madeleine, tout devient compliqué :
- S’inscrire à la piscine,
- Pratiquer un sport,
- Apprendre la musique,
- Accéder à la culture.
Les usagers se tournent vers les villes voisines, faute de places ou de simplicité. La Madeleine est devenue une ville vitrine : calme, mais vide d’élan. 170 caméras de vidéosurveillance ne suffiront pas à masquer ce déclin.
Pire, l’opposition municipale est victime de dégradations répétées sur ses affiches. Malgré les plaintes et les caméras, rien n’est fait pour identifier les responsables. Où est la transparence ? Où est l’efficacité ?
Conclusion : La Madeleine mérite mieux
Nous saluons le travail rigoureux des agents municipaux, mais refusons cette culture de la non-dépense, qui asphyxie l’attractivité et la cohésion de notre ville.
20 millions d’euros d’excédent, des impôts locaux en hausse, des cessions de patrimoine à répétition, des services publics en recul : jusqu’où ira cette logique ?
La Madeleine a les moyens de réinvestir, d’innover, et de redonner de l’élan à ses habitants. Il est temps d’agir.
