La municipalité a transformé des dizaines de rues en « vélorues » mais plusieurs cyclistes nous ont remonté que dans leur pratique quotidienne, ils ont constaté que beaucoup d’automobilistes n’ont pas vraiment compris ce que c’était. Ceci démontre un manque de communication et de pédagogie qui auraient dû accompagner la mise en place de ces vélorues. Nous nous proposons donc ici d’aider les automobilistes et peut-être quelques cyclistes à y voir plus clair.

Qu’est-ce que des vélorues ?

Ce sont des petites rues où l’on donne priorité à la circulation à vélo. Plusieurs cyclistes peuvent donc se retrouver côte à côte dans ses rues. Automobiliste, si tu voulais prendre rapidement cette rue, passe-t-on chemin, tu devras prendre une autre rue. Parce que oui, le cycliste dans cette rue à la possibilité de circuler au milieu de la voie, l’automobiliste devant rester sagement derrière. Dans une « vélorue », la priorité est donnée à la circulation des vélos. Tout dépassement de cycliste y est interdit.  

Pourquoi des vélorues ?

Pour donner un espace aux cyclistes où il est agréable et sécuritaire de circuler. En général l’aménagement des vélorues a pour objectif de permettre un cheminement cycliste direct. Les vélorues sont aussi généralement connectées à des pistes ou des voies cyclables. Cycliste, je te vois protester derrière ton écran, tu as raison, quelques (d’accord beaucoup) progrès restent à faire du côté de la Madeleine pour avoir de véritables pistes cyclables sécurisées et connectées.

Vous avez-donc compris, l’idée est de sécuriser le cycliste, qui devient de fait plus visible et prioritaire mais pas seulement. L’objectif est également de ralentir la vitesse des automobiles dans ces rues qui sont des rues résidentielles, ce qui sécurise également les piétons, les riverains, les familles, les enfants.

Mais alors pourquoi cela ne fonctionne pas sur la Madeleine ?

Pour qu’une vélorue « fonctionne » correctement les automobilistes doivent être incités à rouler à vitesse très réduite, pour cela des panneaux visibles doivent leur indiquer. La signalisation horizontale réalisée à la Madeleine et matérialisant la position du cycliste au milieu de la chaussée par un logo vélo/auto n’est pas assez visible pour l’automobiliste.  Impossible de répondre à l’objectif d’aider les automobilistes à comprendre rapidement l’environnement dans lequel ils se trouvent, une vélorue avec priorité aux cyclistes.

Mais la signalisation n’est pas suffisante pour assurer la lisibilité et la compréhension d’une vélorue par tous les usagers. Les exemples de nos voisins flamands montrent que les vélorues doivent s’accompagner de panneau de signalisation mais également de mesures spécifiques en termes de design : un revêtement coloré ou des marquages spécifiques et très visibles au sol. Le stationnement automobile doit également être revu pour sécuriser la cohabitation entre les manœuvres automobilistes et les cyclistes.

Il est nécessaire enfin de travailler à la réduction du trafic motorisé dans le cadre d’une approche globale à l’échelle de la ville en s’appuyant sur un changement du plan de circulation.

Si ces conditions ne sont pas réunies, ouvrir une pseudo-vélorue ne suffira pas à faire de ces rues des espaces sécurisés pour les cyclistes et la cohabitation risque d’être compliquée. Une véritable volonté politique d’améliorer les conditions de circulation des cyclistes et de développer les mobilités douces passe par une approche globale et multi-modale et des actions plus ambitieuses. Pour l’instant ces premières vélorues madeleinoises semblent répondre davantage à des finalités de communication.

Pour en savoir plus : https://droitauvelo.org/Une-premiere-velorue-a-Lille