Les bouleversements climatiques actuels se traduisent notamment par un réchauffement global qui pourrait croître, selon le GIEC, de 1,1 à 6,4 °C d’ici à la fin du 21ème siècle. En ville, milieu urbain dense, ce réchauffement provoque des effets d’îlots de chaleur urbains (ICU), facteurs de dysfonctionnements et d’inconfort.

Un îlot de chaleur se caractérise par des hausses de températures parfois importantes dans le centre d’une ville. Ce phénomène est généralement provoqué par l’accumulation d’un certain nombre de facteurs :

  • Urbanisme dense,
  • Circulation automobile intense,
  • Minéralisation excessive (parkings asphaltés, bétonnage, …)
  • Déficit de végétal et d’eau dans les espaces publics.

En lisant cette description, on comprend rapidement que la ville de La Madeleine peut être sujette aux ICU car elle rassemble bon nombre de ces critères. En effet, notre ville se caractérise par une densité de population de plus de 7000 habitants au km2, la plus importante de la couronne Nord-Ouest, et plus de deux fois celle des communes voisines de Marcq en Baroeul et Lambersart. Cette densité entraine également de fait un déficit végétal car il ne reste, comme vous pouvez le constater, plus beaucoup de place pour les espaces naturels aux sols non minéralisés. Et pour finir, le Nord, et plus particulièrement la Métropole lilloise, est touché depuis 4 années consécutives par des alertes sécheresse et canicule.

Vous comprenez maintenant d’où provient cette sensation d’inconfort et de chaleur intense quand l’été, les nuits deviennent étouffantes dans notre ville et que les quelques espaces verts disponibles sont fermés.

Il est donc urgent à La Madeleine de réfléchir et d’agir pour que se développe une véritable vision urbaine d’anticipation contre ces ICU à court et long terme.

Il existe des solutions simples, issues des mesures du Grenelle de l’environnement, qui permettent de:

  1. Stopper le bétonnage et la minéralisation des sols et préserver les quelques espaces verts restants
  2. Réintroduire la végétation et (re)créer, des parcs et des îlots de verdure en pleine terre. En effet, les arbres sont bénéfiques à bien des points de vue. Leur feuillage apporte de l’ombre et diffuse de la fraicheur via l’évaporation de l’eau captée par les racines profondes. Leurs branches et racines captent le CO2 et participent donc à la réduction des gaz à effet de serre. Bien entendu, un arbrisseau en pot ne répond nullement à ces promesses…

La MEL (Métropole Européenne Lille) a récemment publié une étude (rapport de 2017 disponible ici) sur ces phénomènes d ICU. On y lit : « une première analyse croisée des données fait clairement apparaître une température moyenne plus élevée dans les communes les plus denses et minérales ». La première citée est malheureusement La Madeleine.

Ci-dessous, vous trouverez la vue aérienne des ICU de La Madeleine, un soir de canicule le 24 août 2016. Vous n’y voyez que du très rouge (chaleurs extrêmes en fin de journée) sauf là où sont les quelques espaces verts restants comme au SILILAM.

Il nous faut sauver ces quelques rares espaces de fraîcheur ! Agissons dès maintenant. Agissons comment ? Replanter certes mais avant tout ne pas supprimer les arbres et espaces qui existent. Ne les offrons pas aux promoteurs immobiliers pour les minéraliser et ainsi créer de nouveaux Îlots de Chaleur Urbains (ICU).

Pour aller plus loin, vous trouverez le rapport complet ici.

Également disponible une vidéo pédagogique très bien faite sur les ICU :